Comment la Suède développe-t-elle sa stratégie spatiale ? Quels sont ses objectifs en matière d’observation de la Terre et de coopération internationale ? Découvrez les analyses des GT pour mieux comprendre le rôle de la Suède dans le secteur spatial global.
Par le GT Gouvernance
Résumé
La Suède mise sur l’observation de la Terre, la coopération internationale et un cadre légal propice pour développer son secteur spatial. Avec le centre Esrange, des projets innovants et un engagement envers le développement durable, elle renforce sa position tout en soutenant la recherche et l’éducation.
Objectifs stratégiques
La stratégie spatiale de la Suède se concentre principalement sur l’observation de la Terre, la protection des infrastructures critiques, et l’utilisation pacifique de l’espace. Les missions d’exploration lunaire et martienne ne figurent pas parmi ses priorités. En revanche, la Suède contribue activement à des initiatives internationales pour la surveillance environnementale et climatique, telles que les programmes Galileo et Copernicus de l’Agence spatiale européenne (ESA). La sécurité nationale et la prévention des conflits dans l’espace sont également des objectifs importants de cette stratégie.
Cadre institutionnel et politique
Le Swedish National Space Board (SNSB) est l’agence nationale responsable de la politique spatiale suédoise, placée sous la tutelle du ministère de l’Éducation et de la Recherche. La SNSB supervise les activités spatiales et coordonne la participation de la Suède aux programmes de l’ESA. La Suède dispose d’un cadre législatif, le Space Activities Act, qui réglemente les activités spatiales et assure le respect des engagements internationaux du pays, tout en favorisant l’investissement privé.
La SNSA est l’organisme gouvernemental chargé de coordonner les activités spatiales civiles en Suède. Elle supervise la recherche, le développement technologique et les collaborations internationales dans le secteur spatial (budget d’environ 100 millions de $ par an).
Coopération internationale
La Suède est fortement engagée dans la coopération internationale, notamment avec l’ESA, et participe à des programmes majeurs tels que Galileo et Copernicus. Le pays collabore également avec les États-Unis via les Accords Artemis et s’implique dans des initiatives de régulation internationale pour promouvoir l’usage pacifique de l’espace et la gestion des débris spatiaux. Le cadre législatif suédois soutient cette coopération internationale et favorise les partenariats public-privé pour stimuler l’innovation et la compétitivité dans le secteur spatial.
En janvier 2024, la France et la Suède ont signé une déclaration relative à un partenariat stratégique pour l’innovation et les solutions vertes, incluant des domaines tels que l’énergie bas-carbone, la défense, l’espace et la santé. Cette coopération vise à renforcer les liens entre les deux pays dans des secteurs clés, notamment le spatial.
Capacités techniques et industrielles
Le centre spatial Esrange, près de Kiruna, est un site majeur pour la Suède, permettant des lancements de fusées-sondes et de ballons pour la recherche atmosphérique et spatiale. Ce centre appuie tant la recherche nationale qu’internationale et aide au développement de technologies de pointe, telles que les systèmes de propulsion et les infrastructures de lancement. La Suède est aussi reconnue pour ses compétences dans la fabrication de satellites et d’instruments utilisés dans des missions de l’ESA, comme Rosetta.

Résultats et performances
En 2023, la Suède a investi 1,3 milliard de SEK (112 millions d’€) dans son programme spatial, avec une large part allouée à l’ESA. Esrange a permis de positionner la Suède comme un acteur clé dans les missions de recherche et d’observation spatiale. La Suède a aussi joué un rôle crucial dans la production d’équipements pour des missions internationales, et le développement d’une expertise dans des domaines tels que la météorologie spatiale, la surveillance environnementale, et les systèmes de navigation.
Situé près de Kiruna, dans le nord de la Suède, Esrange est une installation majeure pour les lancements de fusées-sondes, les ballons stratosphériques et les opérations satellitaires. En janvier 2023, la Suède a inauguré un port spatial dédié au lancement de satellites depuis Esrange, renforçant ainsi sa capacité à participer activement au marché des lancements spatiaux.
Premier lancement prévu en janvier 2024 mais pas de nouvelles depuis
La Suède participe au programme Themis, un démonstrateur de premier étage de lanceur réutilisable développé par l’ESA. Des vols verticaux à basse altitude sont prévus à Kiruna en 2025, avec l’assemblage du prototype T1H en 2024.
Réglementation et cadre légal
Le Space Activities Act assure que les activités spatiales suédoises respectent les engagements internationaux et promeut un environnement propice aux investissements privés. La Suède est signataire du Traité de l’espace de 1967, renforçant son engagement à utiliser l’espace de manière pacifique. Elle participe aussi activement aux discussions internationales sur la prévention des conflits spatiaux, et la régulation des débris spatiaux est un enjeu prioritaire de sa politique spatiale.
Développement durable et impact environnemental
La stratégie suédoise inclut des efforts pour un usage durable de l’espace. La Suède contribue aux efforts internationaux pour minimiser les débris spatiaux et développe des infrastructures pour réduire l’empreinte environnementale de ses activités spatiales. En participant à des programmes comme Copernicus, la Suède utilise également des technologies spatiales pour surveiller l’environnement terrestre et agir en faveur de la préservation climatique.
Engagement du secteur privé
La Suède encourage les partenariats public-privé et soutient les start-ups via l’ESA Business Incubation Center (ESA BIC) Sweden, qui aide les entrepreneurs à exploiter des technologies spatiales et des données issues de l’espace. Le gouvernement promeut aussi les collaborations internationales avec des partenaires stratégiques comme les États-Unis. Le secteur privé suédois est en croissance, avec des entreprises qui s’impliquent dans le développement de technologies spatiales et la commercialisation de services liés aux données spatiales.
Capacités de défense et de sécurité
Bien que la Suède ne mette pas l’accent sur des missions militaires, sa stratégie spatiale inclut la défense des infrastructures critiques et la résilience face aux menaces spatiales, comme les tempêtes solaires ou les cyberattaques. La Suède cherche à renforcer la sécurité nationale via l’utilisation des technologies spatiales, tout en favorisant un usage civil et pacifique de l’espace.
Éducation, recherche et innovation
Les universités suédoises, comme celles de Luleå et de Stockholm, et l’Institut Suédois de Physique Spatiale (IRF) contribuent de manière significative à la recherche et à l’innovation dans le secteur spatial. L’IRF est reconnu pour son expertise en physique spatiale et ses collaborations régulières avec l’ESA. Le gouvernement soutient l’éducation et encourage les jeunes à s’orienter vers des carrières dans le secteur spatial, notamment via des programmes en ingénierie spatiale et des projets de recherche en collaboration avec des agences internationales.
Leave a Reply